03
Fév-2017

Plouer sur Rance

Sorties   /  

Janvier 2017, Plouer sur Rance : charmant accueil du club d’aviron de Rance pour faire découvrir à une dizaine de nos rameurs les joies de la rame sur la Rance….
Carnet de bord rédigé par Maunoir Charbonnel

Plouer1

Un petit retour romanesque de ce dimanche exceptionnel.

Journée frisquette il est vrai ce 22 janvier 2017 à la base nautique de Plouer sur Rance. Au dessous de 5° je crois, ce qui est finalement qu’un temps à mettre un phoque dehors (oui! oui! sur la photo de famille, il est bien là). De notre coté Il y eu bien quelques défections avec cette grippe traîtresse qui décima une partie de la généreuse, fière et vaillante troupe de l’ALPA.

L’accueil est sympa, ils n’ont pas oublié le café et les petits gâteaux, c’est bon pour le moral ça ! Nos hôtes gouailleurs dont certains affichent des faciès boucanés de pirates bourlingueurs n’ont pas l’air effrayé par ce climat Vikino/Sibérien. Il a donc bien fallu nous résoudre et… pousser d’une posture faussement altière nos bateaux vers le rivage éloignée de  la base (200 mètres ? houps ! c’est loin ça).  Au bord de cette eau miroir il fait silence et calme, c’est un temps à sucer de la glace dans ce décor qui ressemble à  celui des tableaux de Turner, ceux qui prêtent à la rêverie. Finalement après l’effort du chemin glacé, caillouteux et vaseux le froid est relatif et donne plutôt la niaque, mais une fois les pieds dans l’eau le réveil douloureux des pieds gelés nous mobilisent énergiquement pour nous préparer à l’effort qui va suivre, effort qui sera bienvenu, il était temps.

Le départ se fait doucettement nous sommes seuls en ces terres incognita et…peut-être Plouer-brumehostiles (il semble que des pirates pourraient surgir derrière certaines pointes ou des barrières de roseaux aux eaux fangeuses). Nous laissons sur notre gauche le village encore endormi, blanchi par une bruine de brume duveteuse .

Et enfin ! Comme par magie nous voilà entrés comme par effraction dans la toile azuréenne pour glisser et fondre en direction du pont St Hubert. Sur les bateaux qui se côtoient on s’ajuste encore, quelques uns se risquent à des blagounettes (quand un cormoran sur pose sur une balise verte que lui arrive t-il? Réponse: « y se casse la gueule! » je compris plus  tard que les balises cardinales vertes dans le chenal sont coniques). L’ambiance est bon enfant mais sérieuse et concentrée. Commence alors l’effort propre à l’aviron des quatre rameurs; il y a du rythme, de l’aérien, du léger, de l’effort déployé dans le même sens et ensemble, peut-être même… un peu de grâce par moment. C’est bon de se bouger, de sentir son corps en tension qui exulte. Ça file doux, droit et rapidement la patrouille, à la régulière, entre les balises rouges et vertes du chenal et des bateaux dodelinants bienveillants au corps-mort, il faut faire confiance à celui qui trace la ligne . Plouer4
Les six bateaux ( un double, un simple et quatre de 5) arrivent à Saint Suliac.  Le village là aussi semble paralysé par le froid, pas âme qui vive, pas signe de vie. Seul le  clocher semble veiller sur  les toitures qui font  grises mines et qui  se tiennent bien serrées pour se tenir au chaud.  Vue de la cale c’est rare,  c’est l’approche du riche « sage » qui sait regarder. En  fermant les yeux nous aurions pu voir Chateaubriand enfant jouant sur la berge, en ce temps là il trainait bien un peu partout la canaille et à pas d’heure!  En tout cas ce matin là le temps ne semblait pas avoir de prise sur nous.

Passant entre Scharibde et Scylla nous allons nous échouer sur la grève (un petit pipi avant la route) pour une halte qui fut le point le plus éloigné de notre base. Mais ! il faut juste récupérer avant le retour, boire un coup, proposer quelques échanges de places et déjà il faut repartir. Plouer8Le temps tourne, on regarde les montres, l’effort du retour est à faire maintenant, il ne faut pas mollir. Ça repart donc pour la dernière virée mais ferme, on sait que la fatigue se manifeste discrètement mais c’est sûr on ne sera pas le premier à dire « au secours j’en peux plus ». Comme le soleil est plus haut il se montre plus caressant, depuis longtemps déjà on a enlevé les sous couches de vêtements. A l’approche de midi content mais fourbu la cale d’arrivée est devant nous. Chacun se remue pourtant car c’est pas fini, il faut remonter ses maudits bateaux  qui n’ont jamais été aussi lourds et pousser pousser encore et encore, sur la boue,  sur le long tapis posé sur la roche rugueuse et le chemin de terre où l’on glisse encore sur les flaques verglacées dures comme du béton à cette heure.

Enfin c’est le repos du guerrier, la pause bien méritée,  » on a fait 14 km » nous dit un camarade à coté en regardant sa montre bracelet. Après une toilette de chat et un change rapide nous voilà au chaud tous ensemble nous sentant beaux devant nos mines réjouies idoines du bon effort accompli. C’est l’heure de la galette (des rois) et du coup de cidre qui va avec. La joie de partager est simple, sincère, on prolonge… sans savoir si c’est par fatigue ou l’envie d’en apprendre plus sur le désastre écologique d’enlisement que provoque le barrage en Rance.

                                                                                                                                                  Maunoir

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